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St Blaise, une rando entre étangs

La Côte Bleue

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N° 67   

Et pourtant elles sont là !

"C'étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde"...
St John Perse débute ainsi son poème "Vents".

Et ainsi se finit l'été : de très grands vents, mistral et tempête en Méditerranée, font "murmurantes les grèves, parmi l'herbe grainante "...

Ces quelques mots dessinent à merveille Cap Couronne... A quelques encablures les coques noires des bateaux tirent sur leurs ancres, des vagues courtes et sonores se brisent sur le promontoire, des pyramides de sel brillent par de là le golfe.

L'herbe grainante est là, multiple, éparpillée sur quelques ares, invisible.
Invisible car nos regards lointains, quadrillant l'espace, ne voient que les flots poussés par le mistral, et l'agitation frénétique des arbres... ils ignorent le sol où pose le pied.
Et pourtant elles sont là, invisibles et point cachées : 38 espèces botaniques différentes, dont une infime partie, connue et visible, nous cache la grande richesse d'une garrigue rase, apparemment sans intérêt.

Connus et visibles : le chêne kermès, le pin d'Alep, le filaire, un figuier...

Et cela suffit pour que nous ne regardions pas avec les mêmes yeux scrutateurs que nous portons aux cargos au mouillage, les orpins, les saladelles, le plantain Corne de cerf, l'inule, la grande salicorne, le salsifis des près, l'urosperme, la folle avoine, la queue de Lièvre, le fenouil marin, le poirier à feuilles d'amandiers, l'astérolide maritime, l'evax nain, le thym, le brachypode, la betterave maritime...

Plusieurs d'entre elles sont halophiles et ne croissent que sur la frange littorale, baignée par les embruns.

Plusieurs sont comestibles. Mais le savons nous ? Les reconnaissons nous ? Les avons nous goûtées ?!

Des panneaux muséographiques bordent heureusement une partie du site explicitant nom et famille de ces belles inconnues qui acceptent d'être photographiées...

Cette côte rocailleuse, entre mer et étangs, est la porte du Rhône. Elle ouvre la route du nord. Et fut très tôt occupée. Les sites, comptoirs, villes et ports qu'occupèrent les gaulois y sont nombreux. St Blaise est l'un d'eux.

 

Longtemps on a pensé que les Celtes ne connaissaient pas la ville. Saint Blaise est la preuve du contraire.

Posé sur un plateau rocheux, à quelques kilomètres d'Istres, St Blaise domine la plaine de la Crau et ses multiples étangs.
Son positionnement stratégique à la confluence des routes de commerce, s'appuie sur l'exploitation des étangs pour la pêche, le ramassage des coquillages et l'exploitation du sel. Positionnée à l'est du delta du Rhône elle verrouille la route commerciale du nord. Pour la contourner les romains développeront Aix. Puis la détruiront.

Un patrimoine archéologique, riche et émouvant, couvre le plateau du Castillon. Enceinte, ruines d'habitations, puits, chapelle, tombeaux creusés dans la roche donnent au site la force que la présence alentour de constructions récentes retire souvent aux lieux chargés d'histoire. Là un cadre sauvage, unique, constitué de forêt, d'étangs, de sources dont celle de Tourtoule, aménagée par les Gaulois et récemment redécouverte, apporte à ces lieux force et pouvoir d'évocation.

Le site a été occupé dès la fin de l'époque paléolithique. La découverte de nombreuses amphores et de vases de bucchero nero atteste l'existence d'un commerce avec les étrusques dès le milieu du VIIe siècle av. J.-C.
C'est le commerce qui a favorisé l'implantation à Saint-Blaise du premier noyau urbain caractérisé par le premier rempart.

 

Saint-Blaise dès la seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. centralise les échanges avec l'arrière-pays de La Crau et des Etangs, mais le site est abandonné au cours du Ve siècle av. J.-C. L'expansion de Massilia au détriment de Saint-Blaise serait à l'origine de cet abandon.

Au cours du IIIe siècle av. J.-C. Saint-Blaise passe sous la domination de Marseille. Une nouvelle ville est reconstruite, un nouveau rempart à l'appareillage exceptionnel, calibré au millimètre et signant le savoir faire des grecs, protège le flanc sud de la ville, mais les Romains, la jugeant dangereuse, la démantèleront au Ier siècle de notre ère.

Au IVe siècle ap. J.-C. les invasions barbares forcent les populations à se regrouper sur les points stratégiques : Le site est alors réoccupé et prend nom d'Ugium pour être de nouveau abandonné au IXe siècle.
En 1231, l'archevêque d'Arles tente de la repeupler : cette localité est alors nommée Castelveyre.
A la fin du XIVe siècle, saccagée par les troupes de Raymond de Turenne, les habitants quittent définitivement le lieu et se réfugient à Saint-Mitre.

La randonnée présentée offre des points de vue magnifique sur cette partie de La Crau qu' irrigue puissamment le canal de Provence.

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