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Le Ventoux par le balcon nord

dimanche 14 mai 2017

Quand le soleil a chassé la dernière congère dans les éboulis du versant nord, voilà la randonnée en corniche, au dessus de la vallée du Toulourenc, de ses villages, de ses hameaux, qu’il convient d’entreprendre, par la Tête de la Grave, jusqu’au sommet du Mont Ventoux (1910 m).

Cette déambulation des plus aériennes, parfois aussi des plus ventilées, sur ce Mont Chauve, sur le Géant de la Provence, cette progression sur la crête orientale, avec, aux pieds, la Provence regroupée et la mer qui miroite à l’horizon, bleutée, est, et restera, l’un des meilleurs souvenirs construits et conservés sa vie durant.....

Dénivellation : 500 m
Durée : 4h30

 

A partir de Malaucène, rejoindre la station de ski du Mont Serein, dépasser le caravaneige et stationner 250m plus loin au départ de la piste forestière balisée rouge et blanc.

Voir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 : 3040 Est
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

La barrière dépassée, la piste forestière traverse la combe de la Font du Contrat. Ne pas emprunter le premier sentier (GR4) qui sur votre droite se dirige ver le sommet, ce sera celui du retour, mais poursuivre sur la courbe de niveau en direction de la combe de Fiole (GR9). Le sentier s’étire sur la courbe de niveau 1400, sautant ravins et graves, dans une alternance régulière d’éboulis et de forêts. A vos pieds, la vallée du Toulourenc, Brantes et ses hameaux....

Suivre le sentier balisé rouge et blanc jusqu’au panneau indiquant Tête de la Grave et amorcer la montée, 150 m de dénivelé, dans le sous bois. Le pierrier sommital atteint, prendre le sentier sur la droite pour retrouver sur la crête le sentier qui conduit à la forêt de Sault.

Et là, suivre soit la crête si le vent l’autorise avec un panorama exceptionnel au Nord comme au Sud, soit, suivre le sentier balisé en contrebas de la crête pour s’abriter des bourrasques comme de la froidure....

Du sommet, au nord, sont visible d’ouest en est, Vaison la Romaine, tout en bas, et le Tanargue (1458m) à proximité, mais bien plus loin, le Mont Gerbier de Jonc (1551m) et le Mont Mézenc (1753), plus près la Lance (1358m), le Mont Pilat (1432m), le Veyou (1589m), la Montagne d’Angèle (1529). Au dessus de Grenoble le Grand Veymont (2341m) et le Mont Aiguille (2086m) émergent. Dans la chaîne de Belledonne : Le Taillefer (2857m) est reconnaissable. A coté le Pic du Lac Blanc (3327m).
Dans le Devoluy, la Tête de l’Aupet (2627m), dans l’Oisan : la Meije (3983m), dans les Ecrins, la barre des Ecrins (4102m), le pic Coolidge (3774m), le Pelvoux (3914m).
Dans les Alpes,La Tête de Moïse (3109m). Et tout à fait à l’est, au delà de la montagne de Lure, les Trois Evéchés (2961m) puis le Mourre de Chanier.

Au sud, le vent ramenait les entrées maritimes de la Méditerranée... Les paysages s’estompaient. La mer portait la même couleur grise que les reliefs côtiers.

Tout a été dit sur le Géant de Provence. Notamment sur sa flore d’une diversité rare : grâce à la configuration du massif, à ses versants très différents et à son histoire humaine, une flore méditerranéenne, une flore médioeuropéenne, des espèces alpines, des forêts de mélèzes, de sapins ou de cèdres, y ont pris racine.
Tout a été dit également sur la déforestation subie par le surpâturage et l’exploitation forestière sauvage des XVIIIe et XIXe siécle.
Au sommet, dans les zones d’éboulis thermoclastiques, soumises à un climat extrême, on trouve des espèces observées en région arctique, telles que la saxifrage du Spitzberg et le petit pavot velu du Groenland. Les espèces protégées sont nombreuses, certaines, très rares, ne se rencontrent que sur le Ventoux. Alors photographions, faisons des macros, mais ne cueillons rien, préservons l’écosystème.

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Papaver aurantiacum
Source Téla botanica
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Saxifrage à feuilles opposées
Source Téla botanica

Sur les flancs du Ventoux les plantes méditerranéennes comme le chêne vert, mais aussi de cèdres de l’Atlas, de pins et de quelques cultures d’oliviers ou encore de lavande sur les piémonts, ont repris pied après la déforestation et le surpâturage des XVIIe et XVIIIe siècle.

Le profil topographique très asymétrique du Ventoux crée deux univers.
Le versant sud (adret) est en pente douce, ouvert sur la plaine du comtat Venaissin, bien exposé au soleil et la végétation y est méditerranéenne presque jusqu’au sommet. Parmi les végétations dominantes, le pin d’Alep croît entre 300 à 430 mètres d’altitude, le chêne vert croît entre 480 à 540 mètres ; la garrigue aux herbes aromatiques comme le thym et la lavande vraie se développe jusqu’à 1 150 mètres d’altitude ; ensuite, le hêtre colonise les pentes de 1 130 à 1 660 mètres relayé par le pin à crochets entre 1 480 à 1 650 mètres d’altitude. Au delà, le secteur alpin s’étend jusqu’au sommet.

Le versant nord (ubac) est moins ensoleillé. Ses pentes sont abruptes, faites d’éboulis et de falaises majestueuses et sa flore y est médioeuropéenne et non plus méditerranéenne. Parmi les végétations dominantes du versant nord, le chêne vert croît jusqu’à 620 mètres d’altitude relayé par le noyer de 620 à 800 mètres. La garrigue aux herbes aromatiques comme le thym et la lavande se développe entre 800 et 910 mètres d’altitude. Ensuite, le hêtre colonise le versant entre 910 et 1 380 mètres relayé par le pin à crochets jusqu’à 1 720 mètres d’altitude. Au-dessus de 1720 mètres d’altitude le domaine alpin règne.

Si le sommet du Ventoux, couvert d’éboulis calcaires, a l’apparence d’être couvert de neige toute l’année, ce désert de pierres cache en fait une grande variété d’espèces végétales alpines, dont certaines sont extrêmement rares voire endémiques. Cette présence surprend toujours sans être exceptionnelle au cœur de la région méditerranéenne. Le pavot du Groenland (Papaver aurantiacum ou Papaver rhaeticum) ou le lys martagon, présents dans les éboulis sommitaux, pourraient en être les emblèmes.

Au col des Tempêtes la verticalité du versant nord affiche toute la magnificence de ses parois vertigineuses.
Une table d’orientation, passage obligé au sommet, attend tous les randonneurs. Elle permet de nommer tous les sommets que l’on n’a pas su reconnaître....
Le retour se fait par le versant nord. Les yeux posés sur le Vercors ou le Devoluy, suivre les lacets dans le pierrier puis le sous bois jusqu’à la bifurcation du départ.


Fabrication de la glace
Au XVIIe siècle, la fabrication par accumulation et tassement de neige dans des cavités et l’exploitation des cubes de glace transformée durant l’été est une activité importante permettant, entre autres choses, la fabrication des sorbets ou la conservation des cadavres. Ce commerce, contrôlé par les vice-légats pontificaux, s’étend jusqu’à Avignon, Marseille et Montpellier.

En 1724, l’historien Joseph Fornery indique que ce sont les habitants de Bédoin, durant l’hiver, qui font des magasins de neige dans la montagne pour en faire ensuite un commerce considérable. Bien que sur le versant septentrional se retrouve la « combe de la Glacière », c’est sur le versant méridional que cette pratique est la plus répandue grâce à la facilité du transport vers la plaine comtadine. La technique de production reste connue. Durant tout l’hiver, des hommes chaudement vêtus de peaux de bête partent à dos de mulet, entre la combe Fiole et le combe du Grand Clos, pour entasser de la neige fraîche dans des fossés préparés à l’avance puis la recouvrent de branchages et de feuilles afin de la conserver.

Ainsi en 1719, ce sont 22 tonnes qui parviennent à Montpellier, soit, avec une perte estimée à 50 % , 45 tonnes qui sont parties du Ventoux. Vers la fin du XVIIIe siècle, les fermiers reçoivent 6 000 livres pour leurs livraisons, ce qui correspond à la vente de 1 500 tonnes de glace.

Entre 1707 et 1716, ce sont surtout Carpentras, Avignon, Orange et Arles qui passent des contrats avec les fermiers. Plus ponctuellement apparaissent Nîmes et Montpellier. La livraison s’effectue de nuit avec halte le jour, la neige pilée étant alors entreposée et tassée dans des glacières locales. Les charrois mettent une nuit pour atteindre Carpentras ou Avignon, deux nuits pour Nîmes et trois nuits pour Montpellier. Ce commerce va perdurer jusqu’à la fin du XIXe siècle, la commune de Bédoin comptant alors neuf conserves de neige d’environ 25 m3. L’apparition de la glace artificielle en 1890 met un terme à cette activité paysanne.
(Source Wikipédia)

Les photos jointes présentent la randonnée en sens inverse. La météo, l’heure de départ en avaient décidé autrement...

Photo de une : Laurent Gernez (http://www.ventoux-photos.com)

Portfolio

  • Montée vers l'observatoire
  • Dans la forêt du versant nord
  • Au sortir de la forêt : les pierriers
  • Combe de Fonfiole
  • Le pierrier jusqu'au sommet...
  • Col des Tempêtes vu du sentier
  • Approche du sommet
  • Observatoire et antennes
  • Vent violent sur la crête
  • Vent violent sur la crête
  • Sommet du Ventoux
  • Sur la crête
  • Col de la Grave
  • Sentier de retour
  • Du sentier, vue sur la vallée du Toulourenc
  • Sentier en balcon
  • Combe de Fonfiole