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Le Ventoux par le massif des Cèdres

lundi 15 mai 2017

Nous ne sommes pas dans les drailles qu’empruntaient les troupeaux de moutons aux siècles antérieurs, nous sommes, là, dans le parcours des processions religieuses partant à l’assaut du "Fuji Yama" de la Provence ... Notre parcours traverse le Massif des Cèdres, issu des campagnes de reboisement menées par Prosper Demontzei au XIXe siècle pour remédier au décharnement du mont Ventoux devenu un squelette blanc, desséché par la déforestation.

"On dirait un pays brulé, usé, rongé jusqu’à l’os par une civilisation détruite. Point d’arbres, sauf des muriers espacés, des oliviers souffreteux, parmi des myriades de cailloux et de rocs nus, desséchés, blanchâtres ; (...) à l’horizon, des hauteurs dégarnies allongeant les une au dessus des autres leurs squelettes de pierres..." H TAINE Carnets de Voyage (1863 - 1866)

Puis il remonte la combe de Fiole. C’est un parcours à éviter l’été pour sa forte exposition au soleil...

Dénivellation : 1400 m
Durée : 8h00

 

A partir de Bédouin, rejoindre le village de Sainte Colombe. Stationner au parking à la sortie du village.
Poursuivre la route sur 800m à travers les vignes, et emprunter la piste à main gauche après le virage.

Voir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 : 3040 Est
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Le parcours est balisé de pancartes SC : Sainte Croix, du nom de la chapelle bâtie au sommet du Ventoux que ralliaient les pénitents partis des Baux.
Le sentier se déploie entre les combes de Roland et d’Ansis, il gagne la magnifique forêt de cèdres de l’Atlas, issue du reboisement initié sous Napoléon III, une forêt gérée aujourd’hui par l’ONF.
Le sentier en coupe la piste d’exploitation à trois reprises avant de rejoindre le Jas de la Couarche à 1100 m d’altitude.
La combe de Fiole suit immédiatement, peuplée de pins noirs d’Autriche, de pins sylvestres et de mélèzes. La Roche de l’Aiguille est caractéristique du massif rocheux cisaillé par la combe.

Sous la route les premiers hêtres relayent la végétation de la combe. Restauré, l’abri des pèlerins, dit Jas des pèlerins, est en bordure de route. La forêt de hêtres se développe au delà encore, mais cède rapidement la place à l’immense pierrier, un pierrier largement fleuri au printemps, totalement desséché l’été passé...

Et puis, vibrant dans l’air chauffé par la pierraille, la chapelle Ste Croix surgit...

Le renouveau des grands ongulés est récent dans le massif car essentiellement lié au reboisement de la montagne. Sanglier, cerf élaphe, le cerf Sika, chamois, mouflon corse et chevreuil , soit six des onze espèces vivant en France sont présentes.

Le loup fréquentait jadis les pentes du Ventoux. Le dernier aurait été tué au début du XXe siècle. Et il a réapparu : en 2012, un loup a été abattu sur la commune de Bédoin.

Lièvre, lapin, renard, blaireau, perdrix rouge, faisan, grive, merle noir, bécasse et étourneau ont également le Ventoux pour territoire. Mais aussi plus de cent espèces différentes d’oiseaux, rapaces ou nicheurs, dont certaines sont rares à l’exemple de la gélinotte, du merle de roches ou de la chouette de Tengmalm, originaire des grandes forêts boréales.

Le déboisement dû au surpâturage, au défrichement pour gagner au XVIIIe siècle de nouvelles terres cultivables, aux coupes pour la fabrication du charbon de bois attendu par les industries en développement ou la construction navale, a impacté tous les massifs forestiers de la Provence :


Les quatre étages de la forêt abritent chacun les espèces qui lui sont spécifiques.

Étage du chêne vert
A cet étage, où se trouve aussi le chêne kermès, on rencontre les trois types de fauvettes typiquement méditerranéennes : fauvette mélanocéphale, fauvette pitchou et fauvette passerinette. S’y joignent les espèces ubiquistes telles que le tarier pâtre, le serin cini, le chardonneret, le verdier, le bruant zizi, l’alouette des champs, l’alouette lulu et le pouillot véloce.

Étage du chêne blanc
La diversité de l’étage de tous les chênes pubescents et des érables a attiré une avifaune très riche.Y nidifient et se nourrissent le geai des chênes, le pic épeiche, le pigeon ramier, la tourterelle des bois, le merle noir ou le pinson des arbres, mais aussi la grive musicienne et la grive draine. S’y retrouvent aussi pouillot véloce et pouillot de Bonelli, roitelet huppé et roitelet triple-bandeau, pipit des arbres, fauvette à tête noire et rouge-gorge. Cet écosystème accueille encore l’accenteur mouchet, les mésange charbonnière et mésange à longue queue, la sittelle torchepot, le grimpereau et le troglodyte. Des rapaces y ont établi leurs aires comme le circaète Jean-le-Blanc, le rapace le plus emblématique du Ventoux, l’autour des palombes, le faucon pèlerin et l’aigle royal

Étage du hêtre
Sa richesse est extrême en avifaune également puisque les oiseaux de l’étage inférieur ont aussi colonisé ce système écologique, avec en plus la mésange nonnette, le bouvreuil et le pic noir.

Étage du pin à crochet
Cet étage court jusqu’au sommet du Ventoux en passant par un couvert sylvestre dégradé où règne le genévrier.Venturon, bec-croisé des sapins et bruant fou en ont fait leur domaine. Une végétation de plus en plus clairsemée attire ensuite traquet motteux, linotte mélodieuse, pipit rousseline et pipit spioncelle.

Le reboisement a eu pour effet, en une trentaine d’année, d’amener une dizaine d’espèces, initialement présentes uniquement sur le versant septentrional du Ventoux, à coloniser le versant méridional dont la buse variable, la grive musicienne et le merle à plastron. (Source : Wikipédia)

Photo de une : Laurent Gernez (http://www.ventoux-photos.com)