Rando Var

Randonnées Var Provence Alpes

Accueil > Rando Var > Ste Baume et Siou Blanc > La Ronde Sud de Siou Blanc

La Ronde Sud de Siou Blanc

dimanche 22 octobre 2017

Le plateau de Siou Blanc est un territoire préservé, déserté, abandonné parce que l’eau en était absente en surface.

Siou Blanc est en effet un vaste plateau karstique qui surplombe la maigre plaine littoral qui abrite Toulon et ses villes satellites. L’eau circule sous terre, dans un lacis de grottes creusées par l’acidité des eaux ayant percolé les sols acidifiés par la décomposition de la végétation et notamment des aiguilles de pins.

Le tracé proposé est tiré du balisage effectué par le Conseil Général du Var. Les explications qui suivent proviennent de la belle plaquette éditée par le Conseil Général.

 

Dénivellation : 240 m Durée : 5h 30

Localisation : Massif de Siou Blanc
Accès : Emprunter la route qui rejoint Sollies à Signes. A mi distance, au nord, une voie indiquée conduit à l’abri de Siou Blanc
Stationnement : Stationner devant l’abri de Siou Blanc, dans la doline qui constitue une petite prairie devant l’ancienne bergerie.
Elle servit le 6 juin 1944 au ralliement des forces résistantes (400 maquisards) de l’Ouest varois.

GIF Voir la carte IGN

 

De la bergerie de Siou-Blanc revenir sur ses pas en suivant la piste en direction de l’aven Claude. Le parcours est balisé en vert.

Abri de Siou Blanc

Au poteau indiquant Aven Claude, quitter la route goudronnée pour prendre à droite sur le sentier en direction de l’Aven des Trois Marins. La forêt claire à Chêne pubescent, où se cache le Crocus versicolore et où, de mai à juillet, le chant mélodieux du Rossignol se fait entendre, laisse sa place au Chêne vert plus touffu. Un trou d’eau ou Aïgue en Provençal, qui se remplit lors des pluies et qui sert aux grenouilles et crapauds comme lieu de ponte, longe le parcours.

Au poteau Les Aïgues, traverser la route pour remonter le talus en direction de l’Aven des Trois Marins. L’absence de forêt permet à un petit genêt rabougri endémique, le Genêt de Lobel, de prospérer. Sur les crêtes ventées, il est souvent présent, le seul présent ! Le sentier traverse ensuite une garrigue haute et chaude à Chênes verts et à Filaires à feuilles larges. Deux chèvrefeuilles croissent sur le plateau : celui d’Étrurie (feuilles caduques, glabres ou pubescentes), et celui des Baléares (feuilles persistantes, embrassantes sur la tige et pubescentes).

À l’Aven des Trois Marins, continuer tout droit en direction de l’Éléphant de pierre. Aux abords du chemin, à l’automne, le Colchique de Naples est en fleurs. Quelques mètres plus loin, une doline résulte de la dissolution du calcaire et de l’effondrement de la roche. Les dolines sont nombreuses sur le plateau et permettent l’implantation d’espèces préférant des sols plus profonds (Églantiers, Prunelliers épineux) grâce à l’argile concentrée.

Au lieu dit Le Turben, prendre à droite sur la piste de Traoucas, puis quelques dizaines de mètres plus loin, une nouvelle fois à droite. Par beau temps, la Sainte Baume se dévoile en arrière plan d’une garrigue dense où les sangliers aiment se réfugier en journée pour n’en sortir qu’au crépuscule à la recherche de bulbes de plantes ou de glands. Bien que ce soit le mammifère le plus commun du plateau, il est également très discret. Les seuls signes de vie sont ses boutis (labours effectués avec son groin) sur les bords de pistes.

Au poteau indiquant Piste de Traoucas, prendre sur la gauche le sentier qui s’enfonce dans une épaisse forêt en direction de l’Éléphant de pierre. En arpentant ce petit sentier qui traverse une pinède de Pins d’Alep, noter la quantité d’aiguilles au sol. Si les conifères (pin, sapin,épicéa) ont un feuillage persistant, ils ne cessent toutefois de renouveler leurs aiguilles tous les 3 ans environ. L’ombre permanente et le tapis d’aiguilles entraîne une raréfaction du nombre de plantes et l’éclaircissement du sous bois.

Après un détour vers l’Éléphant de pierre, reprendre le sentier en direction de la Sente de l’Éléphant. Cette forme naturelle, pas si imaginaire que cela, est bien le seul pachyderme provençal connu à ce jour. D’ici, la vue est imprenable sur La Ciotat et les Calanques. Regagner la pinède et les Chênes verts par la sente de l’Éléphant.

Au lieu-dit la Sente de l’Éléphant, quitter le sentier et prendre à gauche par la piste vers l’Abîme des morts situé à 1 km environ. Cette forêt abrite une variété d’oiseaux importante du fait des différentes espèces et classes d’âges des arbres. En effet, les pins dépérissants ou vieux et non dangereux sont conservés pour servir de gîte aux Pics épeiche ou aux Sitelles torchepot.

Au poteau indiquant Piste de l’Éléphant, prendre en direction de l’Abîme des morts par un sentier longeant la route du côté gauche. Avant d’atteindre l’Abîme des morts, aven d’une profondeur de 45 m, de petites Anémones des jardins (en grec anemos signifie vent) aux fleurs bleu-violet toxiques fleurissent, de février à avril, sur les talus ou dans le sous bois clair.

Peu après l’Abîme des morts, traverser la route pour rejoindre le panneau Abîme des morts. Prendre la direction Vieux marquants. Sous cette pinède claire pousse la Baouque ou Brachypode rameux, met préférée des moutons et herbe capable de repousser après un incendie sur des sols arides dans les moindres fissures. Sur des sols un peu plus sableux liés à l’érosion des roches dolomitiques, se rencontre également le Psammodrome des sables, proche cousin du Lézard des murailles, uniquement présent sur la frange méditerranéenne.

Au lieu-dit Cuillerets-est, prendre la direction des Vieux Marquants par le sentier sur le côté droit de la route. Et s’enfoncer dans la forêt de chênes verts ou yeuseraie avant de rejoindre la bergerie des Cuillerets. Elle fut occupée jusque dans les années 70. Ces zones plus ouvertes permettent à une ravissante orchidée rose, au labelle piqueté de violine, du nom d’Orchis d’Hyères, de fleurir de mars à mai.

Au Cuillerets-ouest, prendre à droite par la piste en direction des Aiguilles. Les Arbousiers et les Bruyères à balais poussent grâce à l’argile de décalcification. Disséminés de part et d’autre de la piste, ils donnent des accents de maquis (végétation sur sol siliceux) à cette garrigue à Chêne vert. Cette bruyère a longtemps été utilisée comme balais grossiers en liant des rameaux sur des manches en frêne ou en châtaignier.

À l’intersection appelée La Barbotière, prendre à gauche, direction Les Vieux Marquants. En montant sous cette voûte végétale de Chênes verts, remarquer les replats de couleur noire. La fabrication du charbon de bois remonte au milieu du 19e siècle en Provence. Le charbonnier aménageait les « luego » ou places de charbonnières, reliées les unes aux autres par un réseau de sentiers au sein de la forêt. La présence d’un sol noir sur des replats dépourvus d’arbres sont les vestiges de cette activité.

À l’ombre des chênes pousse la Daphné lauréole, qui contient plusieurs poisons mortels (daphnine et mézéréine), utilisée jadis en décoction pour la pêche en rivière, et le Laurier tin, dit Viorne, bel arbuste aux larges feuilles persistantes dont les baies étaient utilisées en Provence afin de confectionner une encre.

Aux Vieux Jas des Marquants, prendre à droite en direction des Aiguilles. Cette ancienne bergerie en ruine, accompagnée de sa citerne, est située à 680 m d’altitude. Au printemps, dès les premiers beaux jours, les pousses d’Asperges sauvages, tant convoitées des gastronomes, et qui se mangent crues, y croissent.

Au croisement appelé Sente des Marquants, aller à gauche en direction des Euphorbes. Dans ces sous-bois on rencontre plusieurs euphorbes dont l’Euphorbe characias et l’Euphorbe des bois qui peut mesurer 80 cm. Ces plantes sont toxiques, leurs propriétés purgatives étaient utilisées contre la tuberculose et la goutte.

À l’intersection, au lieu-dit les Euphorbes, prenez à droite sur le GR99 en direction des Aiguilles sur un sentier escarpé. Sous ce sous-bois de Chênes verts sont dissimulés des murets en pierre sèche. Ils pourraient correspondre à d’anciennes limites parcellaires. Pour les Lézards des murailles, voilà des caches pour vivre ou se protéger. Bien que construits de la main de l’homme, ils se transforment progressivement en milieux naturels à part entière.

Au poteau Bas de la Fède, remonter à gauche en direction des Aiguilles par un petit sentier. Le tunnel de verdure composé de Chênes verts laisse peu à peu place à des zones ouvertes où poussent l’Ophrys brun, les Narcisses des poètes et l’Iris nain. Ces derniers s’immiscent entre les pierres et constituent des tapis aux couleurs jaunes et violettes.

À la Colle de Fède, cote 825m, vous avez une vue imprenable sur les Alpes et la Méditerranée. Avec de la chance, le Guêpier d’Europe peut s’observer : magnifique oiseau aux couleurs exotiques, il traverse notre région lors de ses migrations en avril ou en septembre et passe l’hiver en Afrique.

Rester sur les crêtes, puis redescendre jusqu’à l’intersection de la piste du Jas et continuer tout droit en direction des Aiguilles. Sur ce sentier, des abris-sous-roches , ancien refuge de bergers et parfois de randonneurs.... L’Asphodèle de Villars est très présente sur les dalles calcaires. Sa racine riche en amidon était utilisée comme colle par les cordonniers et les relieurs de livres.

À la patte d’oie (lieu-dit La Garancière), prendre à gauche en direction des Aiguilles. Les papillons tels que l’Aurore de Provence et la Petite Tortue, dont les chenilles se nourrissent des feuilles d’orties, fréquentent ces abords de pistes entretenus par débroussaillage ou pâturage des moutons.

Au poteau indiquant Les Jounces, continuer tout droit en direction de l’Aven Claude jusqu’à rejoindre le parking. Vous traversez un milieu caractéristique de la Provence calcaire avec une garrigue colonisée peu à peu par les Pins d’Alep qui laisseront plus tard leur place aux Chênes pubescents. Ce passage de la garrigue à la forêt est l’évolution naturelle des paysages lorsqu’il y a abandon des pratiques agricoles telles que le pâturage.


Gemmage :
Pratiqué jusqu’au milieu du 19e siècle dans l’arrière pays Toulonnais, le gemmage permettait de récolter la résine des Pins d’Alep. Grâce à cette blessure préalablement causée à l’arbre on récupérait la résine dans un récipient en terre cuite du mois de mars à octobre. Il pouvait être prélevé de 3 à 5 kg de gemme par arbre.
On trouve encore dans certaines pinèdes des brisures ou des pôts entiers abandonnés.

En Provence, le térébinthe était également exploité. La résine du térébinthe s’épanche par les fissures de son écorce, et se solidifie à l’air. Son essence servait à la confection de la térébenthine, utilisée comme solvant dans les peintures et vernis avant que sa synthèse ne soit produite industriellement