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Siou Blanc : les métiers d’autrefois

dimanche 22 octobre 2017

Le plateau de Siou Blanc est un territoire préservé, déserté, oublié mais en passe de réhabilitation grâce à l’action du Conseil Général du Var.

La randonnée présentée, balisée en rose, se propose de partir à la découverte de l’Espace Naturel Sensible des Quatre Frères et sa maison de la nature où les traditions et les anciens métiers de la colline reprennent vie.

Le tracé présenté est celui balisé par le Conseil Général du Var.

Les explications qui suivent proviennent de l’excellente plaquette éditée par le Conseil Général.

 

Dénivellation : 270 m Durée : 4h 00

Localisation : Massif de Siou Blanc
Accès : A partir de la N8, emprunter la D 402 en direction de Signes et tout de suite après l’embranchement prendre sur la doite la piste qui conduit à la bastide des Quatre Frères.
Stationnement : Stationner devant la maison. Cette maison de la nature, restaurée par le Conseil Général du Var en 2005, est un lieu de découverte du patrimoine naturel et culturel de la Provence. C’est un ancien corps de ferme, dont les restanques et une bergerie voûtée, en sont les vestiges.

GIF Voir la carte IGN

Le plateau de Siou Blanc est un territoire préservé, déserté, oublié mais en passe de réhabilitation grâce à l’action du Conseil Général du Var.

La randonnée présentée, balisée en rose, se propose de partir à la découverte de l’Espace Naturel Sensible des Quatre Frères et sa maison de la nature où les traditions et les anciens métiers de la colline reprennent vie.

Le tracé présenté est celui balisé par le Conseil Général du Var.

Les explications qui suivent proviennent de l’excellente plaquette éditée par le Conseil Général.

Le départ se situe au niveau de la Maison des Quatre Frères. Prendre le sentier à droite en direction des Rudistes. Au poteau-flèche indiquant les Rudistes, emprunter la piste qui descend en direction de la Bastide blanche.

On est au début du Jurassique, à l’époque des dinosaures. Le site des Quatre Frères est, comme une grande partie du Var, sous une mer peu profonde et tropicale. Pendant des millions d’années, les squelettes et coquilles des animaux marins vont se déposer au fond de cette mer. Sous l’effet de la sédimentation et de la pression, ces boues et restes d’animaux se transforment en roche : le calcaire. Il y a plusieurs types de calcaire, ici, c’est du « calcaire à rudistes », car les fossiles des coquillages bivalves retrouvés dans ce calcaire s’appellent rudistes. Ils ont disparu il y a 65 millions d’années !

Au niveau de la Bastide blanche, prendre à gauche par la piste qui remonte en direction du Fond du vallon de l’Oure. La forêt mixte provençale traversée est une jeune forêt : Quand on lève les yeux, on remarque que la plus haute voûte est constituée uniquement de Pins d’Alep, arbres typiques de la flore méditerranéenne. Ils sont accompagnés de Chênes verts, aussi appelés yeuse, et de Chênes kermès, plus petit aux feuilles piquantes vertes luisantes, qui poussent à l’ombre. Cette forêt est sensible au feu, vu la part importante de résineux et de plantes aromatiques.

Arrivé dans le Fond du vallon de l’Oure, zone plus fraiche, laisser la piste pour prendre à droite un sentier sinueux. Il conduit au plateau du Tarron. Aux abords du chemin se développe une flore inféodée aux milieux frais telle que le Laurier tin ou encore de très discrètes fougères : Doradille, Capillaire et Polypode austral, apprécié des enfants pour son goût de réglisse.

Peu après le four à chaux situé sur la droite du chemin, prendre à gauche par la piste au niveau du poteau flèche indiquant Plateau du Tarron. Cet endroit est idéal pour écouter le chant de l’une des 51 espèces d’oiseaux présentes sur le site, dont des espèces nicheuses, rares et protégées comme l’Alouette lulu et la Fauvette pitchou inféodées aux garrigues plus ou moins denses. Avec de la chance il est possible de voir ou entendre une Chouette hulotte. Elles ont élu domicile dans cette forêt. Comme l’ensemble des rapaces, elle régurgite les parties « indigestes » de ses proies (os, poils…) sous forme de « pelotes de réjection ».

Continuer jusqu’au croisement des 4 chemins et prendre à droite par le sentier rose sous la pinède en direction de La piste de la Tête de Cade. Ici l’eau et le calcaire sont intimement liés. Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau va ruisseler en surface tandis qu’une autre partie va s’infiltrer dans la fine couche de sol, s’acidifier au contact de la matière organique en décomposition, pénétrer dans les fissures du calcaire et les élargir. Plusieurs milliers d’années plus tard cela entraînera la formation d’un karst : un monde souterrain à la fois fragile et merveilleux, formé de galeries, avens et grottes qui plaisent fortement aux chauves souris. 48 cavités ont été recensées par le Comité Spéléologique Départemental du Var.

Quelques dizaines de mètres après un ancien abri en pierre sèche et un poste de chasse, voilà le croisement de La piste de la Tête de Cade. Prendre à gauche en direction de la Sente de La Tête de Cade.
Dans le Var, la chasse est une activité traditionnelle qui contribue au maintien des milieux ouverts (garrigue, emblavures). Elle est pratiquée sur ce site hormis dans le périmètre de « non chasse » situé autour de la Maison de la Nature. Les postes de chasses sont principalement utilisés pour la chasse à la passée ou à la glue. Les grives sont particulièrement recherchées : la litorne ou cha-cha, la draine ou seyre, la musicienne ou chiqueuse et la mauvis ou siffleuse.
Un rappel : Lors des randonnées de septembre à février, il convient toujours de se renseigner sur la présence d’éventuelles battues au Sanglier.

Au poteau flèche Sente de la Tête de Cade, laisser la piste pour prendre à gauche le sentier qui s’enfonce en sous bois en direction des 4 chemins. Cette forêt abrite des insectes et oiseaux remarquables du fait de la présence de Pins d’Alep dépérissant ou vieux qui sont conservés pour servir de gîte au Pic vert ou au Lucane cerf-volant. Ce coléoptère doit son nom au fait qu’il vole et que ses grosses mandibules ressemblent à des bois de cerf.

Après être passé devant un ancien four à chaux et en bordure d’une emblavure (terre ensemencée de blé par les chasseurs pour le gibier), regagner l’emplacement Les 4 chemins et prendre la direction Les hauts du vallon de l’Oure. Le sentier redescend dans un vallon frais et ombragé dominé par le Chêne vert et tapissé par endroit de Lierre qui s’immiscent dans les fissures et sur les arbres. Contrairement à une idée reçue, ce dernier ne tue pas ou n’étouffe pas l’arbre. Il s’accroche sur le tronc, l’utilise comme support pour monter à la recherche de la lumière mais ne prélève aucune substance par ses ventouses. Il offre gîte et couverts à de nombreux oiseaux et ses fleurs sont mellifères et donc utiles aux abeilles, en particulier à l’abeille du Lierre, petite abeille sauvage, découverte en 1993, et en voie de disparition.

Continuer sur le sentier en direction de La Maison des Quatre Frères. S’arrêter au niveau des fours et de la charbonnière restaurée en 2009 avant de regagner le parking.


Le site des Quatre Frères présente une grande richesse en matière de patrimoine bâti en pierre sèche, témoin des activités passées des hommes et des industries de la forêt jusqu’en 1950 :
- fours à cade : production d’huile de cade à usage médicinale essentiellement vétérinaire,
- fours à poix : calfatage de la marine en bois,
- fours à chaux : production de la chaux,
- charbonnières : fabrication du charbon de bois,
- gemmage : récolte de la sève du pin.
Fours à cade :
Ces constructions en pierres sèches étaient utilisés pour la fabrication de l’huile de cade. Le fabriquant appelé l’enguentié, confectionnait son huile par la combustion lente du Genévrier oxycèdre ou Cade. L’huile de cade était reconnue pour ses vertus cosmétiques, médicales et vétérinaires. Fours à chaux :
Ces constructions massives en pierres rondes ou carrées permettaient de transformer les pierres calcaires en chaux grâce à l’action du feu. Cette activité à été exercée par les Chaufourniers jusqu’au début du 20e siècle. Pour faire 1m3 de chaux dans un four de 75 m3, le feu devait durer 150 heures.

Pour connaître les activités de "La Maison des Quatre Frères" consulter le site du Musée de Toulon